Trouble dans le genre / World behind the mirror – wisp

On continue avec l’adaptation des défis #Writober de Nanochimères et #Obsynktober d’Obsydienn.
Et on va aller de l’autre côté du miroir….

[Illustration à venir]

Le froid vint la tirer de ses songes.
Une étrange lueur filtrait à travers les volets en bois.

Elle jeta un regard tout autour d’elle, cet endroit lui rappelait quelque chose, mais où était-ce déjà ?

Une sensation étrange l’envahit, comme si elle flottait.
Non, pas “comme”, elle flottait, réellement.
Au-dessus d’un corps, qui ressemblait au sien, mais plus frêle, plus masculin aussi.

Elle ne comprenait pas où elle était, ni pourquoi elle y était et ne parvenait pas à se remémorer comment elle était arrivée ici.

La porte s’ouvrit et une femme entra.
Elle avait un visage familier pourtant Elyona peinait à l’identifier.

“Debout, je t’ai laissé assez de temps pour aller mieux, à présent il faut t’armer de courage pour combattre le Fernherdir et ses duperies.”

L’archange tressaillit : la scène à laquelle elle assistait ne pouvait être qu’une illusion.

“Tu pourrais au moins me répondre, dépêche toi, lèves toi, habille toi, on va voir le Grand Ordonnateur. »

En guise de réponse, le jeune homme se tourna sur le côté pour mieux faire face au mur.
Elyona voulut hurler pour l’avertir du danger mais il était déjà trop tard, la femme avait déjà appelé son mari et il était là, ceinture en main, prêt à “remettre leur fils dans le droit chemin”.

Fermer les yeux, se perdre dans une illusion le temps que ça leur passe, parce que ça finissait toujours par leur passer.

“Il faut que nous l’emmenions au Grand Ordonnateur, on ne peut pas le laisser ainsi, le Diable va finir de dévorer son âme.
– Il est peut-être déjà trop tard.
– Non, on peut encore le sauver.
– On ne peut pas le sauver s’il n’est déjà plus là.
– Je suis là; j’irai seul, laissez-moi en paix.”

Sa voix les avait fait sursauter, Elyona incluse, alors qu’elle connaissait déjà cette histoire.

Ils allaient s’y opposer, il allait leur répondre que ça protégerait leur honneur et leur intégrité de fidèles puis ils le laisseraient se préparer, il ferait un sac avec des vivres cachés sous sa toge d’aspirant prêtre et il partirait.

Dehors, la neige recouvrait la nature d’un épais manteau blanc.
Le ciel, comme pour donner un caractère plus dramatique encore à la situation, s’était paré des couleurs de l’automne.

“Le Crépuscule de ma vie.
Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau, peut-être qu’ils ont raison, peut-être que c’est le Diable qui me murmure tout cela.”

Elyona voulut le prendre dans ses bras, le couvrir de ses ailes, lui dire que non, bien sûr que non, ce n’était pas le Diable, il n’y avait aucun mal à vouloir être soi, vraiment soi.

Mais c’était peine perdue, elle était comme transparente à ses yeux, comme étrangère à ce monde.

“Il ne gagnera pas.
Je vais me battre.
Le Grand Ordonnateur me sauvera !”

Elyona eut un recul.
Que se passait-il ?
Non, ce n’était pas ça la suite de l’histoire.

Elle le regarda passer devant une pauvre femme, meurtrie, tendant la main pour avoir quelque chose pour survivre encore un peu et détourner le regard tout en s’éloignant.

“Non, reviens, ça n’est pas ça l’histoire, tu lui as donné à manger.
Tu as tout sacrifié pour l’aider en te disant que c’était mieux ainsi.
Tu t’es dit qu’il valait mieux mourir debout dans le froid avec une dernière bonne action plutôt qu’à genoux pour cet Ordre qui n’en est pas un.
Reviens.
REVIENS.”

Un éclair l’éblouit soudainement.
Lorsqu’elle put rouvrir les yeux, le monde était à l’agonie.
Au milieu des corps gisant çà et là, le jeune homme était là, vivant mais prostré, déchiré, observant son reflet dans un miroir brisé au sol.

S’approchant de lui pour le consoler, Elyona eut tout juste le temps de réaliser qu’elle avait pris la forme d’un feu follet avant d’être aspirée à travers le miroir.

Elle reprit conscience, son esprit ayant rejoint son corps, une main encore appuyée sur le Miroir des Cordes.

“Voilà comment tout aurait pu se finir si tu n’avais pas été toi.
Ce que tu as vécu était d’une horreur sans égale, mais ce que tu as refusé de vivre, en rejetant les discours des cultistes et de tes propres parents, aurait pu être pire encore.

– J’étais si frêle, si faible…
– Ce n’était pas toi, que ton ombre et encore, un pâle reflet du monde de l’autre côté du miroir.
Regarde comme tu es forte, regarde comme tu as su préserver les mondes.
– Tout le monde devrait pouvoir être aussi fort.
– Cela n’arrivera pas tant que les cultistes auront le champ libre.
– Il est donc temps de changer la donne.
– Nous avons déjà essayé de changer la donne, en vain.
– Non, nous avons déclaré des guerres qui ont nourri leurs mensonges.
Pour changer la donne, nous devons arrêter de lutter CONTRE les cultes mais bien POUR la vérité et la réalité.
– A quoi penses-tu ?
– A un nouvel Ordre, composé de gens capables de douter, d’enquêter, de questionner, de prouver…
– Je vois ce que tu veux faire, mais pour les rassembler il va nous falloir nous rapprocher de l’un d’entre eux, qu’il devienne leur émissaire et notre allié.
– Notre conseiller, je ne veux pas d’un allié qui ne me dirait pas quand j’ai tort.
Et je sais exactement qui est cette personne…”

Elle ouvrit une boîte en bois, finement ouvragée, aux mécanismes de fermeture complexes.
Elle en sortit une clé à la forme singulière.

“Est-ce pour sa sagesse ou pour son visage angélique que tu veux l’approcher, Elyona ?”
Trazarius affichait un large sourire, il aimait à la taquiner, particulièrement quand le sujet était grave et que l’anxiété s’emparait de l’archange.

Elle rougit.
“Peut-être un peu des deux, mon ami, je le reconnais volontiers. »
Elle contempla la clé et soupira, le souvenir du sourire étincelant du jeune humain imprégnant tout son être.
Il pouvait tout changer, pourvu qu’il croit en leur cause.

« Nous ne pouvons pas prendre le risque de voir notre monde finir comme celui de l’autre côté du miroir, Trazarius.
Achète des places pour sa prochaine date, nous devons le convaincre avant que ce Crépuscule et celui des Chimères ne fassent place à plus de douleur et de massacres. »

Il acquiesça, tira l’épais rideau de velours noir au-dessus du Miroir des Cordes et se mit en route pour une citée humaine qu’il n’avait pas foulée depuis des siècles.


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Les personnages, mondes et créatures originales citées dans ce texte sont des références aux Aventuriers d’Orkradour et ma propriété exclusive.

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